Fabulous Falbalas

In occupied Paris, Falbalas could be code for "Vive la Resistance!"

Thanks to the De Young’s fabulous Free Fridays, I got to see Falbalas (1945), the film I didn’t know I needed to see until I was mesmerized by a loop at the Gaultier show, a designer I never knew I needed to love.

What hooked me on Gaultier was his depth of understanding of his role as couturier, a depth witnessed by that loop of film and reiterated in those uncanny talking-head mannequins. I blogged about it here.

In a way, it all goes back to Pygmalion, although Americans only know that myth through My Fair Lady, which is so anglicized as to eradicate its psychoerotic significance.

Pygmalion was a sculptor who prayed to the gods to make his statue of a woman live. For statue, read dress, and you have the meaning of Falbalas — except it’s a tragedy, he doesn’t get the girl, because she’s not the docile creature of myth, but a young French woman of spirit. Not the perky spirit of Julie Andrews, but the self-possessed, volatile, vulgar, vulnerable fighting spirit of Micheline Presle.

Micheline Presle, who plays the dress who gets away, gives the kind of performance — well, there were a few American film actresses in the 1940s — Bette Davis, Olivia de Havilland, Joan Crawford — who could approach that level of emotional nudity, communicate a range of the heart’s emotions without words — or should I say, were encouraged to do so by the patriarchal studio system. Today, I’m not sure an American audience would recognize emotions — or, rather than blame the victims, I should say, the powers of Hollywood have banished those emotions from the screen, what used to be called “woman’s films” being beneath their economic contempt. Macho twerps.

The other reference for Falbalas is The Princess of Cleves by Madame de la Fayette (1678), a masterpiece recently ridiculed by French President Sarkozy as unworthy of study. Fascist ass. The Princess of Cleves is a psychological study updated by Henry James in Washington Square, and again by director Jacques Becker in Falbalas, in which a man’s shallowness of spirit leads him into the trap of his own contempt for love.

There’s a lot to say about Falbalas… I’m still waiting to hear from fabulous French-tilted cult video house Le Video when they’ll have it stock.

Meanwhile, here’s a rundown for you French speakers from a French person:

Falbalas film Français réalisé par Jacques Becker et sorti en 1945.

Analyse

Philippe Clarence, grand couturier, travaille dans le luxe, remarquablement secondé par Solange, l’âme de la maison de couture. Bourreau des coeurs, il joue des femmes avec désinvolture et parfois brutalité : ainsi une de ses anciennes maîtresses, Anne-Marie, a accepté de vivre dans son ombre, comme chef de ventes.

Micheline Lafaurie, une jeune provinciale, arrive à Paris pour préparer son mariage avec un soyeux lyonnais, Daniel Rousseau, fournisseur du couturier. L’amour pour cette jeune fille va soudain envahir Clarence le jour où son ami Daniel lui présente sa fiancée Micheline.

Philippe séduit d’emblée Micheline, conquise à la fois par l’homme et par le créateur. Elle succombe, mais très rapidement juge son partenaire, se révolte devant son cynisme et s’éloigne de lui, tout en s’écartant de Daniel. Cependant la collection doit être bientôt présentée, et, depuis qu’elle se dérobe, l’image de Micheline ne quitte plus Philippe; le déséquilibre s’installe en lui, effrayant Solange, et aggravé par la nouvelle du suicide d’Anne-Marie.

Micheline a pris le parti de tout avouer à Daniel, prêt à lui pardonner. Philippe de son côté fait une dernière tentative auprès d’elle; elle l’éconduit. Oubliant tout, sa maison de couture, son prestige, sa collection pour laquelle il a créé une robe de mariée primitivement destinée à Micheline, Philippe disparaît. Il ne réapparait que le jour de la présentation, glissant, halluciné, dans les salons, comme un somnambule, s’enfermant dans son bureau, et, dans un accès de folie, se précipitant par la fenêtre avec le mannequin de mariée qu’il serre dans ses bras, Et les petites mains de la maison de couture se penchent, silencieuses, sur le corps brisé.

Réalisé en 1944 par Jacques Becker pendant l’occupation allemande, Falbalas est une étude passionnante sur le milieu de la haute couture parisienne. Le cinéaste filme ces lieux en connaisseur car sa mère était elle-même directrice d’une maison de couture. Le contexte politique rend les conditions de tournage très difficiles et le film est en majeure partie tourné la nuit.

Le cinéaste a presque 40 ans quand il entreprend le tournage de cette œuvre personnelle. On retrouve ce goût particulier pour le réalisme et l’observation sociale, qui sous-tend très souvent ses films. Ici, le monde artificiel et frivole de la haute couture contraste avec la tragédie âpre d’une romance passionnelle qui porte en germe sa propre disparition. Et la fin, impériale, fait penser, dans le registre de la frustration amoureuse à La vie criminelle d’Archibald de la Cruz de Luis Buñuel.

Jacques Becker avait écrit le rôle de Micheline spécialement pour Micheline Presle, dont il était tombé amoureux. Elle était alors une jeune comédienne très courtisée, ayant fait ses classes trois ans plus tôt chez Pabst (Jeunes filles en détresse) avant de triompher dans Paradis perdu d’Abel Gance.

Entre rêve et réalité, cette œuvre magnifique, passionnée et extrêmement romantique, s’impose comme l’un des joyaux du cinéma français de cette période.

Distribution

  • Raymond Rouleau : Philippe Clarence, le célèbre couturier
  • Micheline Presle : Micheline Lafaurie, la jeune provinciale
  • Jean Chevrier : Daniel Rousseau, le soyeux Lyonnais
  • Gabrielle Dorziat : Solange, l’assistante de Philippe
  • Françoise Lugagne : Anne-Marie
  • Jeanne Fusier-Gir : Paulette
  • Jane Marken : Mme Lesurque
  • Christiane Barry : Lucienne
  • Rosine Luguet : Rosette Lesurque
  • Marcelle Hainia : Juliette
  • François Joux : Murier
  • Paul Barge : Le concierge
  • Roger Vincent : Roland

Fiche technique

  • Réalisation : Jacques Becker
  • Scénario, Adaptation : Maurice Aubergé, Maurice Griffe, Jacques Becker
  • Dialogue : Maurice Aubergé, Jacques Becker
  • Assistants réalisateur : Marc Maurette, Claude Boissol, Stellio Lorenzi
  • Images : Nicolas Hayer
  • Montage : Marguerite Renoir, assistée de Marie Cadicax
  • Musique originale : Jean-Jacques Grünenwald
  • Production : Essor Cinématographique Français
  • Chef de production : André Halley des Fontaines
  • Directeur de production : Jean Gehret
  • Format : 35mm, noir et blanc
  • Durée : 110mn
  • Date de sortie : 20 juin 1945

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